Apprenez comment installer le dialogue et la confiance. Afin d’avoir une communication bienveillante, mutuelle et dénuée de jugement entre vous et vos élèves.

Que font-ils vraiment sur l'internet ?

Tout ! Un peu comme nous finalement : se divertir, jouer, écouter de la musique, regarder des vidéos, etc.

Ces dernières années, l'âge limite pour obtenir son propre smartphone est passé de 12 ans à 9 ans.

Regarder des films, écouter de la musique et jouer à des jeux sont les activités préférées des enfants entre 6 et 12 ans. YouTube, Spotify et Netflix sont leurs plateformes préférées. Dès qu'ils reçoivent un smartphone, TikTok, Snapchat et Whatsapp entrent en jeu .

Mais ces médias sociaux n'ont pas seulement une valeur communicative. Pour les jeunes, c'est aussi leur principale source d'information. 54% des jeunes lisent quotidiennement les actualités via les réseaux sociaux. La consommation d'informations est plus importante chez les jeunes du troisième degré. Facebook en particulier semble pertinent dans ce contexte. Les pages et les groupes sont idéaux pour savoir ce qui se passe dans le monde pour en faire leur propre opinion

 

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Les enfants choisissent un canal différent pour chaque objectif de communication. Textos aux parents, rencontrent d’amis via Snapchat ou Instagram et discussions des tâches scolaire via Whatsapp.

 

Comment poser des limites ?

Prenons des règles simples: ce qui ne peut pas être fait hors ligne ne peut pas être fait en ligne (ex : en tant que mineur, vous n’avez pas le droit d’effectuer des transactions financières ou signer des contrats).

Transposons maintenant ces règles sur des comportements quotidiens.

  • Insulter ou intimider quelqu'un? Pas hors ligne, donc pas en ligne non plus.
  • Montrer une tenue révélatrice à de nombreuses personnes? Pas hors ligne, donc pas en ligne non plus.
  • Raconter vos secrets les plus profonds à quelqu'un que vous venez de rencontrer? Pas hors ligne donc pas en ligne.
  • Etc.

C’est une belle devise que vous pouvez enseigner.

Internet, une mine d’or pour les devoirs !

Préparer une élocution, une interro, sans recourir à internet. Impossible.

L’internet est une source d’informations inépuisable pour les travaux scolaires. Les informations y sont parfois correctes, parfois fausses, parfois carrément inventées. Il est crucial d’encourager les jeunes, au travers cet usage scolaire, à s’interroger sur la qualité et la véracité des données qu’ils trouvent sur le Web.

Abordez le sujet des fakenews et de la fiabilité d’une information en ligne. Jouez au quizz développé par Child Focus pour des jeunes de 10 à 14 ans : www.childfocus-trust.be

 

Le cyberharcèlement

Qu'est-ce que le cyberharcèlement?

 Il s'agit de toutes formes de harcèlement faisant appel aux technologies de l'information et de la communication pour importuner, menacer ou insulter sa victime.

 

Des insultes ou des menaces peuvent ainsi être postées sur les réseaux sociaux. De même que des vidéos gênantes publiées ou partagées.

 

Le cyberharcèlement est-il fréquent ?

 

CYBERHARCELMENT

  • Voler un mot de passe et accéder au compte de quelqu'un afin d'en bloquer l'accès.
  • Envoyer des messages insultants aux contacts d’une tierce personne.
  • Pirater un compte et y voler des informations personnelles.
  • Exclure un joueur d’une plateforme.
  • Créer un compte sur les réseaux sociaux avec du contenu blessant et des photos. intimes d'une personne

De nombreuse études en Belgique ont été menées sur le sujet depuis plus de 10 ans. Les résultats sont difficilement interprétables. Il s'agit souvent de harcèlement « classique ». De plus en plus d'enfants sont aussi victimes de cyberharcèlement.

Nombreux sont les enfants qui en souffriraient quotidiennement.
Il existe une étroite corrélation entre le cyberharcèlement et harcèlement classique: le premier est la prolongation du deuxième par le biais des médias. L’un ne va plus sans l’autre.

Entre 20 et 40%

 des adolescents ont été confrontés au moins une fois à du cyberharcèlement au cours de leur scolarité.

Sexualité et l'internet

La sexualité se vit aussi en ligne. Il est normal que les adolescents cherchent à vivre des expériences relationnelles, affectives et sexuelles sur internet.

Ces expériences sont positives ! C’est ainsi qu’ils apprennent ce qui est socialement acceptable ou pas. Ce qu’ils veulent et ne veulent pas. Leurs limites et celles des autres...

L'internet est pour eux un ami neutre et muet qui permet aux plus timides de rechercher des images érotiques ou de se renseigner sur les premières « fois » en toute discrétion.

Les chiffres nous montrent que nos jeunes belges n’y font pas exception. Une récente étude baptisée « #Génération2020 » nous éclaire sur la situation du sexting et sa définition.

 

Le sexting

Qu'est ce que le sexting? 

c'est la contraction des termes anglo-saxons « sex » et « texting », le sexting est l’envoi de messages textes, photos ou vidéos à caractère sexuellement explicite et suggestif envoyés ou reçus par le biais des nouvelles technologies.

Le sexting dans la législation

En Belgique, plusieurs articles de loi provenant du code pénal s’applique à certains cas de sexting. Début 2016, un article spécifique a été introduit dans le droit pénal pénalisant les faits suivants :

« montrer, donner accès à ou diffuser un enregistrement d’images ou de sons, sans consentement ou à l’insu, d’une personne nue ou d’une personne faisant un acte sexuel explicite même si la personne en question a consenti à l’enregistrement. » l’article art. 371/1

Le juge de la jeunesse peut imposer une sanction lorsqu’il s’agit d’un délinquant juvénile.

La prise, la distribution ou la transmission des photos à caractère sexuel sans consentement peut entraîner non seulement une infraction du droit pénal mais viole aussi le droit à la vie privée et le droit à l’image des personnes concernées.

Le sexting chez les enfants entre 6 et 12 ans

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Bien sûr, une « photo sexy » n`est pas nécessairement une photo de nu, mais ces chiffres indiquent que la découverte sexuelle en ligne fait partie du monde des enfants.

Cependant, lorsque ces photos sont transmises à d'autres personnes, il y a un problème. Le nombre de personnes qui reçoit une photo est supérieur à celui des personnes qui envoient une photo sexy, à savoir 18%. 7 % des enfants qui ont reçu une photo sexy l'ont reçue sans que la personne sur la photo ne s'en rende compte. Cela démontre qu'il s'agit d'un thème qui faut déjà aborder dès l'école primaire.

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Lorsque ces photos sont transmises à d`autres personnes, il y a un problème

Le sexting chez les adolescents entre 12 et 18 ans :

Les applications et réseaux sociaux permettent le dialogue avec un ou une partenaire.

Au cours des deux derniers mois, seuls 15% des jeunes interrogés expriment avoir pris une photo coquine d’eux-mêmes avec l’intention de l’exploiter dans un sexto. Cela ne signifie pas que les jeunes l’ont effectivement envoyée.

De toutes les photos à connotation érotique ou sexuelle, 24% ne sont pas envoyées. 76% de celles-ci sont finalement envoyées à quelqu’un d’autre.

Les interfaces numériques représentent, pour ceux ou celles que la réalité corporelle inhibe, une alternative pour tenter progressivement l’aventure des rencontres amoureuses. Mais aussi parfois, pour explorer, voire construire, sa sexualité, ce qui ne doit pas manquer d’interpeller aussi bien les normes et les pratiques des adultes, que le point de vue qu’ils·elles portent sur l’adolescence.

Pour la plupart des adolescent(es), la question de photos coquines reste préoccupante, mais périphérique, au regard du potentiel enrichissements affectifs que les interfaces leur procurent par ailleurs.

Plus de la moitié des photos coquines prises par les jeunes du secondaire les représentent en sous-vêtements ou maillots de bain (51 %).

Il y a ici une différence significative entre les garçons et les filles. Les garçons expriment être plus susceptibles de poser complètement nus que les filles.

Une autre différence notable est à noter dans le fait que 57% des garçons assument être identifiables sur ces photos, pour seulement 21% des filles.

18% des jeunes interrogées confirment avoir déjà fait pression sur l’autre pour obtenir une photo coquine. Les filles (31%) sont plus souvent victimes de sexting problématique que les garçons (9 %). Enfin, 38% des jeunes interrogés ont déclaré avoir déjà vu une photo ou en avoir reçu sans que la personne représentée ne le sache, et 9% des jeunes disent déjà avoir transmis une telle photo. Lueur d’espoir : 10 % des jeunes qui reçoivent un tel sexting défendent la victime en l'informant ou en confrontant la personne qui a transmis le sexting.

Plus d'info? Rendez- vous sur la plateforme éducative de Child Focus: www.sextoooh.be

 

CONSEILS

  • Pointez le simplisme des sites pornos (axé sur l’acte)
  • Situations peu réalistes
  • Plaisir toujours au rendez-vous ?
  • Sexe sur l’Internet ≠ sexe en vrai
  • Dirigez-les vers www.loveattitude.be, www.o-yes.be ’

Les jeunes et le porno

A la puberté, certains jeunes vont chercher des contenus pornographiques sur l’Internet. Leur interdire de regarder du porno n’a guère de sens.
Plusieurs facteurs poussent les adolescents à avoir une sexualité plus connectée que d’autres.

Les causes sont multifactorielles :

• la personnalité de l’ado.
• l’offre très diversifiée, accessible et aguichante de l’Internet.
• le contexte familial.

Il est donc fondamental d’aider le jeune à décrypter ces contenus souvent réducteurs, porteurs de clichés et amenant une vision fonctionnelle de la sexualité où l’affect est tout à fait mis de côté.

 

Le consentement mutuel. Souvent absent des contenus pornographiques et rarement explicité dans les films ; il est pourtant la base d’une sexualité épanouie.

Apprenons à nos jeunes qu’un consentement explicite des deux partenaires est un préliminaire obligatoire. 

Les challenges en ligne

Se défier mutuellement, cela se pratique depuis la nuit des temps !

« Cap ou pas cap » fait partie intégrante de la vie des enfants et des adolescents. Les médias sociaux leurs offrent néanmoins un forum supplémentaire. Les challenges sont filmés – partagés – likés, à l’insu des parents. Les défis circulent sur l’Internet et YouTube : Blue Whale, Momo ou Jonathan Galindo, etc.

Là aussi les modes changent mais les principes restent identiques. Au début c’est gentil, marrant voire grisant. Cela stimule le niveau d’adrénaline. Mais souvent l’expérimentation ne s’arrêtent pas là. Les défis deviennent de plus en plus dangereux, pour soi ou pour les autres. C’est là que l’escalade commence afin de faire monter le compteur des likes : on prend des risques !

Votre rôle

Il est important d’apprendre aux enfants et adolescents de poser leurs limites. De les faire réfléchir de manière critique par rapport à tout ce qu’ils rencontrent. Il faut aussi leur faire prendre conscience de la préciosité de leur intégrité. Invitez-les à réfléchir aux conséquences de leurs choix.

CONSEILS

  • Nier la demande de challenge et ne partager aucune information personnelle.
  • Prendre une capture d’écran, comme preuve.
  • Signaler ce profil sur le réseau social (TikTok/ Instagram).
  • Bloquer le profil.
  • Mettre son compte ou profil en mode « Privé ».

Notre dossier pédagogique met l’accent sur toutes les facettes des challenges en ligne. Il vous aide à aborder cette thématique avec des jeunes de manière décontractée.

En attendant, si un de vos élèves et/ou de vos jeunes reçoit une telle invitation à participer à un nouveau challenge sur les réseaux sociaux, voici ce qu’il faut faire en première instance

Au cas où ça dérape, tous les adolescents sont les bienvenus chez Child Focus via notre ligne d’aide 116 000 disponible 24/7 anonymement et gratuitement ou via notre plateforme : www.cybersquad.be

E-réputation

La quête de la popularité chez le jeune prend de nouvelles formes parfois surprenantes mais efficaces.

En tenant compte de nos besoins psychosociaux essentiels tels que :
• le besoin d’amour ;
• le besoin d’appartenance ;
• le besoin d’estime de soi ;
• le besoin de se réaliser et d’accomplissements personnels,

il est évident que les réseaux sociaux sont utilisés par le jeune pour tenter de remplir ces besoins.

Certains ados sont tout à fait capables de remplir ces besoins via TikTok ou Instagram.

D’autres sont anéantis par le manque de « likes » ou l’absence de commentaires élogieux. Ils perdent l’estime d’eux-mêmes et peuvent chavirer vers des doutes et autres complexes.

Comment les aider à garder la tête froide ?

Apprenons-leur à faire la part des choses entre l’authenticité et l’éphémère, le réel et le virtuel.

Décodons ensemble les concepts de base :

 

Empreinte numérique

Qu'est-ce qu'une empreinte numérique ?

 c'est l'ensemble infini de traces que nous laissons sur l’internet, à la vue de tous.

Exemples :

• Un message sur un forum
• un commentaire publié en dessous d’une photo
• un clic sur un banner
• la signature d’une pétition
• une liste de souhaits (wishlist) ouverte sur un e-commerce
• une réaction sur un blog d’actualité
• un tweet
• une recommandation de lien

CONSEILS

En parler avec le jeune lui permet de prendre conscience de l’existence de sa propre empreinte numérique.

Identité numérique

Qu'est ce qu'une identité numérique?

c'est la présentation personnelle de l’internaute. Il s’agit de l’image qui le caractérise en ligne. L’identité numérique correspond à ce que l’internaute a envie de montrer publiquement de lui sur l’internet.
CONSEILS:

Très vite, il faut aider le jeune à se construire une identité numérique cohérente. Qui lui corresponde et qui mettra ses talents en évidence. Il est important de lui inculquer qu’il peut influencer ce que les gens découvrent de lui sur l’Internet en soignant son identité en ligne.

 

Réputation numérique ou e-Réputation

 

Qu'est ce la réputation numérique?

il s'agit de l'image que les internautes se font d’une personne en recherchant des informations la concernant sur l’Internet. La réputation numérique dépend en grande partie de l’empreinte et de l’identité numérique. Mais elle dépend également de ce que les autres publient/disent de lui sur l’Internet. Par exemple, une identification dans une photo, un partage de commentaire, une moquerie…

Cette réputation numérique, est donc la manière dont les gens perçoivent une personne au travers de ce que l’Internet leur révèle sur elle, avec ou contre son gré. Elle peut être bonne, elle peut être mauvaise. Elle peut correspondre à l’image que l’on souhaite donner de soi, ou pas.

CONSEILS

Encouragez le jeune à contrôler régulièrement les résultats des moteurs de recherche à leur sujet. Comment ? En encodant de temps en temps leur nom dans Google pour voir ce qu’il en ressort. Réflexe indispensable pour garder un œil vigilant sur sa e-réputation.

Cybersécurité

Maintenant que vous connaissez un peu mieux l’univers en ligne des adolescents, vous trouverez ci-dessous quelques conseils techniques à partager avec eux. Vous leur garantissez ainsi une expérience en ligne plus sûre et donc plus agréable.

Les amis :
Une longue liste d'amis ou de followers en ligne n'est pas nécessairement « cool ». Ils ne doivent pas donner trop d'informations personnelles. Ceux qui les suivent peuvent-ils réellement voir toutes ces choses ?

La familiarité :
Beaucoup de choses commencent par la question « qui est un étranger et qui est un ami » ? C’est souvent plus difficile pour les enfants étant en ligne. Un contact en ligne peut souvent rapidement leur sembler familier. Apprenez aux jeunes la règle des 10 minutes : s'ils ont déjà eu une conversation avec une personne hors ligne pendant au moins 10 minutes, il est possible d'ajouter cette personne en ligne également.

Trouver un titre :
Est-ce que les jeunes chattent sur une plateforme de jeu avec d'autres ? Pas de problème ! Après tout, sinon comment se mettre d'accord sur des tactiques et des stratégies ? Apprenez aux jeunes à ne chatter que DANS le jeu et SUR le jeu. Ne parlez donc pas à un ami du jeu via Whatsapp ou ne conversez pas dans la boîte de dialogue du jeu d’autres choses.

Navigation privée :
Connaissent-ils ce mode ? Il permet de surfer sur le web sans laisser de trace dans son historique. Ainsi, passer en navigation privée permettra de profiter des joies d'internet en mode incognito. Attention, ce mode n’empêche ni les hacker ni les cookies !

Mode privé :
Sécuriser l’ensemble de ses profils sur les réseaux sociaux est essentiel. Il est important de mettre ses compte TikTok, Instagram ou Snapchat en mode « Privé ». Ces profils ne doivent pas devenir des places publiques accessibles à tout le monde.
Attention à ce que la visibilité de chaque post reste réfléchie. L’accessibilité de chaque publication (photos, commentaires, vidéos) peut aussi être déterminée de manière indépendante.

Un bon mot de passe :
Expliquez-leur qu’un bon mot de passe c’est comme une brosse à dent. On ne la prête pas, même à son meilleur ami.
Trop de jeunes s’échangent les mots de passe en guise de signe de confiance. C’est une porte ouverte au cyberharcèlement. Réfléchissez avec eux à d’autres manières de manifester sa confiance.

Fondamental : inculquer quelques réflexes techniques tels que :

o les captures d’écran en cas de problème. C’est toujours utile au cas où les choses tournent mal.
o Bloquer les profils malveillants sur les réseaux sociaux
o Signaler les contenus inadéquats aux fournisseurs et/ou aux administrateurs de sites webs.

Enfin, en cas de problème, rappeler à l’enfant de ne jamais rester seul. Il doit pouvoir venir chercher de l’aide chez un adulte de confiance.

 

Où le jeune peut-il trouver de l’aide ?

La première chose à dire est : « ne reste jamais seul avec ton problème. ». C’est normal d’essayer de résoudre ses problèmes tout seul ou de faire appel à des amis. Un problème en ligne peut hélas très vite dégénérer. Il faut pouvoir agir vite. Un adulte de confiance, même si ce n’est pas un expert technique, saura toujours comment venir en aide. Il posera les premiers actes salvateurs pour endiguer la situation.

CONSEILS

• Se référer à une personne de confiance.
• Prendre contact avec « Ecoute Enfants » via le 103.
• Contacter la ligne d’aide de Child Focus, le 116 000. Disponible 24/7 anonymement et gratuitement.
• En cas de problème grave, se tourner également vers la Police locale.